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  • L’arabe et le cochon… un joli moment de tendresse animale

    Arrive la surprise sous les yeux amusés des cadreurs et des journalistes…. un cochon!!!! Mais nonnnn!

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    Tout d’abord décontenancés, nous ne savions pas comment faire avec ce cochon ! « est c’que ça mord? est ce que ça crie? ça mange quoi? » autant de questions qui succédaient à la première question : « pourquoi ???, pourquoi ce cochon? ! en plus nous on le mange pas et on ne sait pas grand chose sur cet animal… mais il est là et on va devoir faire avec ! »

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    Honnêtement, nous avions peur car on nous a confirmé qu’il pouvait mordre ( d’ailleurs il a effectivement mordu Salim à un moment où il était particulièrement effrayé le pauvre) mais surtout, Salim a essayé de le porter et il lui a paru tellement lourd et fort qu’on s’est clairement demandé comment on allait le faire avancer?

    Après la peur et l’envie même d’abandonner (oui avec le recul c’est complètement ridicule!!! « pourquoi t’as perdu à Pékin Express? » « Ben parcqu’il fallait voyager avec un cochon alors on a lâché l’affaire…! » heureusement que la journaliste nous a raisonné parce que les 5 premières minutes, on disait n’importe quoi ! du genre : « ben puisque c’est comme ça, on cherche pas d’habitation et vous aurez pas vos images!! hahaaa! » …en mode José Bové de Pékin Express! on était trop ridicule.

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    Bon, après cette mascarade grotesque de notre part, on s’est réveillé et avons repris conscience de la chance d’être dans Pékin Express et nous nous sommes alors fixé des priorités dont la numéro 1 qui était : ne pas traumatiser ce cochon, d’aller au delà de nos peurs et surtout surtout de bien le traiter ! En effet, même si notre religion nous empêche de le manger, elle nous oblige cependant à avoir de la miséricorde envers toutes créatures vivantes car pour la plupart, elles dépendent de notre comportement et de l’humanité qu’on va appliquer dans son traitement.

    Pour la petite info perso, nous avons deux chats que nous traitons comme… des chats d’accord mais avec tout le respect et l’amour qu’ils méritent ( beaucoup beaucoup d’amour)! Et moi même étant vivement touchée et assez virulente  concernant la cruauté envers les animaux il est dans ma nature et dans mon tempérament de respecter tout être vivant quelqu’il soit! ( Salim me surnomme « la Brigitte Bardot du maghreb… sans les idées politiques évidemment! ») bref, refermons ce petit aparté.

    Donc première question de la journaliste : « comment allez vous l’appeler? » et là on lui répond un peu énervé : « Ben Halouf !!! c’est évident non? » elle rigole et nous aussi et l’aventure repart avec notre nouveau copain Halouf!

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    On cherche donc une habitation et on trouve un monsieur adorable qui nous dit oui immédiatement! Petite anecdote lors de la demande de gîte, lorsqu’on lui a dit qu’on était français, il nous a dit « mais vous avez des origines autres? vous avez un teint mat et des traits typés! » alors on lui rétorque que en effet, nous sommes nés en France et originaires d’Algérie en Afrique du Nord et qu’on était fiers d’avoir les deux cultures! et là il nous répond « comme Zidane! » on se regarde avec Salim et on lui dit amusés et en même temps « oui, comme Zidane! »

    On a passé une superbe soirée où il nous a expliqué comment vivait un paysan au Mexique, ses tracas et l’histoire de sa vie en général… par  contre il a arrosé ses paroles d’une liqueur extrêmement forte à 100000 ° ( évidemment on a pas pu goûté mais rien qu’à l’odeur j’ai anesthésié mon nez pendant un moment!) liqueur qu’il fabriqué d’ailleurs lui même et qu’il s’est envoyé tout au long de la discussion… Puis, on s’est dit bonne nuit dans la bonne humeur surtout notre ami paysan et on s’est endormi assez rapidement après s’être assuré que Halouf soit bien attaché et qu’il ait bien bu et bien mangé avant le voyage du lendemain.


    D’un coup, en plein sommeil, j’ai entendu les cris stridents de Halouf et j’ai couru comme une furie en direction de ses cris armée d’une simple tasse qui traînait sur la table à côté ( consternante la défense à deux balles!) ! Salim m’emboîte le pas en même temps sans comprendre ce qui me prend… et là je suis face à notre ami paysan, ma tasse à la main, il me regarde, regarde la tasse et sourit en me disant : » ne t’inquiètes pas ! votre cochon va bien je le change juste de place car tu l’as attaché à un poteau qui, le matin, est complètement exposé au soleil donc je l’attache à l’ombre et je lui donne plus d’eau pour que demain il ne soit pas assoiffé ! » LA honte !!! Quelle idiote j’étais!!! j’étais là honteuse, devant lui comme une imbécile avec ma tasse à la main et Salim qui se foutait de ma tronche en me disant « ma petite parano défenseuse des animaux qu’est c’que j’t’aime!!! »

    Je me suis excusée auprès du paysan qui riait avec Salim et en allant se recoucher Salim me demanda:  » mais qu’est c’qui t’as pris? » j’lui répondit que voyant le paysan ivre aller se coucher, j’avais peur qu’il ne se souvienne plus de nous et qu’il tue le cochon pensant qu’il était à lui…. Oui je sais le terme adéquat c’est « ROCAMBOLESQUE »  ou encore « TARÉE » mais c’est comme ça que mon cerveau fonctionne… au grand désarroi de Salim.

    Ce que j’ai retenue de cette action c’est que même ivre, ce paysan a eu une miséricorde naturelle et de la pitié pour ce petit cochon et ça m’a énormément touché et donner encore une belle leçon de vie!

    Le matin du départ, la maman du paysan, une femme magnifique de plus de 90 ans, nous a expliqué qu’un cochon si tu le retournes, il s’endort… mais astuce numéro deux : elle nous donne un sac en toile de jute pour le mettre dedans, ainsi s’il fait ses besoins, le sac protègerai la voiture qui nous aurait pris en stop.

    Elle avait clairement l’habitude et ça s’est vérifié de suite, le cochon à moitié dans le sac était un peu plus rassuré et le fait de le retourner le plonger quasi immédiatement dans un état de sommeil…  » MAGIQUE !!! »

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    Encore une fois, il est vrai que Salim et moi ne mangeons pas de cochon mais il était de notre devoir de ne pas lui faire du mal, bien au contraire. Nous l’avons donc traité de manière respectueuse et avons essayé de ne pas lui transmettre notre stress de la course…

    Et pourtant… comment faire du stop avec un cochon???

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    C’est simple, Salim se cachait pendant que je faisais du stop et une fois l’accord du chauffeur, il se pointait l’air de rien avec le cochon endormit dans les bras!!! montait dans la voiture et faisait un petit geste de la tête en fermant les yeux histoire de dire  « t’inquiètes pas … je gères… »quel escroc celui là… en tout cas sans l’affection et la gentillesse de Salim envers notre Halouf, on aurait pas aussi bien avancé ça c’est sûr!

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    Au final on est arrivé deuxième, quinze minutes derrière les filles, mais surtout, on s’était bien attaché à notre petit «halouf» et on l’a quitté avec un peu de nostalgie devant les yeux étonnés de Stéphane.